La presse étrangère se déchaîne sur la Loi Renseignement

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Le 5 mai, la France tombait sous le coup d'une nouvelle loi largement qualifiée de liberticide. Cette Loi Renseignement ne connaît pas que des détracteurs à l'intérieur de ses frontières. La presse étrangère s'en est donnée à cœur joie pour critiquer cette
décision politique. Publicité Rapprochement avec la NSA, radicalisation, abrogation des libertés, surveillance de masse sont autant de termes aujourd’hui employés par les observateurs extérieurs pour présenter la Loi Renseignement votée le 5 mai en France.

The Verge accuse ainsi la France de suivre le modèle de la NSA, un paroxysme d’ambiguïté alors que le pays défendait certaines valeurs inscrites dans sa devise au moment du scandale Snowden. Les médias américains parlent de manière quasi unanime de la radicalisation française dans lequel la « psychose » faisant suite aux attentats de Charlie Hebdo « excuserait tout ». Une situation que le New York Times et bien d’autres rapprochent de celle des Etats-Unis après 11 septembre. Le Financial Times s’est pour
sa part moqué des manifestations des opposants à cette loi, la qualifiant de « ridicule » au regard de la mobilisation des français après les attentats.

La faiblesse de cette mobilisation anti Loi Renseignement choque donc au-delà des frontières françaises. Au-delà des associations de défense des libertés qui tentent de tirer la sonnette d’alarme sur un modèle de surveillance démesuré, des scientifiques et chercheurs spécialisés en informatique font aussi entendre leur voix. Daniel Le Métayer et Claude Castelluccia, directeurs à l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique, tentent ainsi de décrire les risques du dispositif de surveillance de la Loi Renseignement. Des boites noires vont être installées chez les fournisseurs d’accès Internet afin de surveiller le trafic. L’anonymisation des données traitées par l’algorithme qui sera présent dans ces boites noires n’a rien de rassurant selon les scientifiques. Les suspects pourront être identifiés, cette anonymisation est donc en réalité une simple façade rassurante derrière une autre forme de banalisation : celle du fichage de masse.

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