La star de Wall Street sacrifie ses profits pour conquérir le monde

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Netflix a attiré 3,3 millions d'abonnés supplémentaires en trois mois. Après la production de séries, il se lance dans celle de films.

Tout augmente chez Netflix : les revenus, l'audience… et, malheureusement, les dépenses. Le groupe californien revendique 65 millions d'abonnés dans le monde. C'est 3,3 millions de plus qu'il y a trois mois, soit beaucoup plus qu'espéré (2,5 millions). Le marché américain se rapprochant du point de saturation, il ne lui a apporté que 900.000 spectateurs supplémentaires au cours des trois derniers mois. C'est désormais à l'international que le groupe va chercher sa croissance (+ 2,4 millions d'abonnés). Le début d'année était l'occasion de mettre un pied en  Australie et en Nouvelle-Zélande. Le Japon, le Portugal, l'Italie et l'Espagne suivront cet automne. Les résultats sont là : les revenus du groupe ont déjà bondi de 23 % sur le dernier trimestre, à plus de 1,6 milliard de dollars. Cette expansion a évidemment un prix. Netflix, qui souhaite être présent dans le monde entier à compter de l'année prochaine (+ 200 pays), doit acheter et créer des contenus adaptés à ces nouveaux marchés. Il a dépensé plus de 10 milliards de dollars ce trimestre pour enrichir son offre. Conséquence : ses profits se sont effondrés de 63 % sur trois mois (à 26 millions). La flambée du dollar n'arrange rien, puisqu'elle réduit mathématiquement les profits générés à l'étranger, lorsque Netflix les reconvertit en dollars. Ses activités internationales restent ainsi largement déficitaires (- 92 millions sur trois mois). Et les pertes devraient encore s'accentuer l'an prochain, a prévenu mercredi Reed Hastings, PDG du groupe.

Productions originales

Ses concurrents se débattent pour lui faire barrage. Les chaînes américaines HBO, CBS et Lifetime ont lancé leur service de streaming (diffusion de vidéos sans téléchargement) en espérant profiter, eux aussi, de l'explosion de la télévision sur Internet. Netflix tente de se démarquer en finançant à prix d'or des productions originales (« House of Cards », « Orange is the New Black », etc.). «  Presque 99 % des membres de Netflix ont approché nos contenus originaux », assure le PDG Reed Hastings dans sa lettre trimestrielle aux investisseurs, y voyant «  le signe que nous sommes sur la bonne voie ». Ses productions deviennent d'ailleurs de plus en plus lourdes. Après les séries, Netflix a décidé de se lancer dans la production de films : le premier, « Beasts of No Nation », sortira en octobre dans les salles de cinéma. Il sera disponible sur le site de Netflix au même moment. Un film avec Brad Pitt est également annoncé pour l'année prochaine (« War Machine »). Les investisseurs applaudissent des deux mains. Ils ont encore fait bondir l'action Netflix de 10 % mercredi, à l'annonce des résultats. Le groupe reste la grande coqueluche de Wall Street. Sa valorisation a plus que doublé depuis le début d'année, ce qui en fait la meilleure performance du S&P 500.

Source : LesEchos