Le dimanche c’est poulet rôti.

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Le dimanche c’est poulet rôti. C’est bien comme menu, ça marque le temps de la semaine, ça sent le week-end dans la cuisine, et surtout ça fait un repas d’avance pour le lundi soir. J’épluchais tranquillement mes patates, des pommes de terre de Noirmoutier, quand par dessous mes épluchures, le logo rouge de Netflix me fait de l’oeil. Un article, encore un, écrit par un journaliste de Ouest France, sans doute leur spécialiste nouvelle technologie, en gros le seul mec de la rédaction qui sait télécharger un torrent sur T411. Comme tous les autres articles que j’ai pu lire ces trois dernières semaines, rien de nouveau sous le soleil, l’article nous parle de l’inquiétude des acteurs historiques du marché, du manque de contenus par rapport au catalogue américain, et surtout nous présente Netflix comme une nouveauté alors que depuis déjà quelques années, la SVOD  est présente sur toutes nos offres internet. Un vent nouveau va souffler sur l’offre légale en France et en Europe, mais pour l’expliquer il faut sortir des stéréotypes répétés depuis quelques mois.

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SOURCE : mensquare.com

Netflix d’où ça vient ?

Le fondateur de Netflix est un patron charismatique du nom de Reed Hastings. Né en 1960, il intègre au début des années 1980 une université chic de la côte Est des Etats-Unis. Alors qu’au même moment ses ainés Bill Gates et Steve Jobs deviennent des superstars de l’économie naissante des nouvelles technologies, il crée, à 31 ans, Pure Software, une société de logiciels pour Unix. Rachetée quelques années plus tard, Hastings se retrouve avec 75 millions de dollars en poche. Un jour le jeune millionnaire rend un DVD loué en retard, il écope alors d’une pénalité de 40 dollars. Agacé il décide, en partenariat avec un excellent développeur, Marc Randolph, de fonder Netflix, une société de location de DVD par la Poste, avec un système d’abonnement mensuel, où le client peut garder le DVD le temps qu’il le souhaite.

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Reed Hastings peut sourire, grâce à Netflix sa fortune est estimée à 840 millions de dollars.

Plus de 10 ans passent sans que le business model ne change. C’est uniquement en 2010 que Netflix dévoile ce qui va rendre la société et son fondateur célèbres, un service de streaming reprenant un catalogue très large de films et de séries. Aujourd’hui la presse parle beaucoup de Reed Hastings comme père de l’idée d’aller vers le streaming pour Netflix, mais en 2010 c’est Robert Kyncl, l’un de ses vice-présidents qui apporte l’idée sur un plateau à Hastings. Cet ancien de HBO et excellent négociateur, sera le vrai papa de tout le catalogue de chez Netflix. Son travail est remarqué par Google, qui l’embauche alors comme Directeur des Programmes pour Youtube.

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Robert Kyncl, vice-président chez Google et N°1 de Youtube.

De 2010 à 2014, Netflix s’installe dans 58 pays, rend sa plateforme compatible sur plus de 1000 supports, allant de la PS3 au Kindle en passant par les différents boitiers des opérateurs Telecom, et surtout dépasse les 100.000 titres sur son catalogue en ligne. Depuis 2013 et House of Cards, Netflix propose des séries originales dont tous les épisodes sont mis en ligne simultanément. En 2015 apparaitra sur nos écrans le premier film produit par Netflix et diffusé en exclusivité : Tigre et Dragon 2.

Netflix en France, ça donne quoi ?

On peut parler de débuts difficiles pour Netflix sur le marché français. Malgré un teasing digne des plus grosses production hollywoodiennes, une plateforme très bien réalisée, ergonomique et jolie, le jour de sa sortie sur le marché français le public s'est très vite rendu compte que beaucoup de séries du catalogue US ne seraient pas disponibles pour eux. De même, les films ne seront disponibles sur Netflix que 3 ans après leur sortie. Ce Netflix parait très vite light par rapport à sa version utilisée par un américain sur trois, les concurrents se moquent même très rapidement du peu de contenus disponibles, des trous remplis par des vieux films vu et revus. Raphaël Poughon, journaliste chez Centre France publie un comparatif catalogue US/FR qui sera retweeté de nombreuses fois. Vodkaster, plateforme de ventes de DVD, crée le site Notflix pour publier la liste de ce que vous ne trouverez pas chez Netflix. En plus le controversé Netflix débarque en France sans avoir passé aucun accord avec Orange, SFR et Bouygues pour rendre son service accessible sur leurs box. 

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Le tableau comparatif de Raphaël Poughon.

Il serait alors facile de dire que Netflix France est mort né ? Sûrement pas. En l'espace d'un mois, la direction commerciale du groupe va enchainer les annonces. Netflix produira les quatre prochains films d'Adam Sandler, Bouygues leur demande de s'installer sur leur box, Orange fait de même quelques jours plus tard, et petite subtilité, Netflix ne proposerait qu'une commission de 10% sur les ventes aux FAI alors que les tarifs habituels sont plutôt autour de 30%. Netflix ne peut pas proposer House of Cards sur sa plateforme car Canal+ possède les droits de diffusion en France, pas si grave quand on voit le planning de nouvelles séries en exclusivité sur la plateforme. Pensez que les médias conventionnels résisteront à Netflix en France alors que Disney, Pixar, LucasFilm etc… travaillent déjà avec l'entreprise américaine est digne d'un protectionnisme illusoire. En plus, et c'est là une expérience personnelle mais que je sais partagée, jamais je n'ai pu utiliser un service de vidéo à la demande sans rencontrer des bugs, des latences et subir l'absence de versions originales sous-titrées, et là tout le monde est unanime, Netflix montre réellement un code de très bonne qualité et une bande passante importante. Personne ne veut de Netflix, mais la concurrence entre FAI fera que personne ne pourra s'en passer.

Bienvenue Netflix, je t'avais découvert en même temps que House of Cards, que j'avais dû, à mon fort regret, visionner via l'offre illégale… Fais comme chez toi en France, pour une fois les consommateurs auront le dernier mot.

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