Mark Karpelès, arrêté au Japon

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La police japonaise a arrêté le patron de la plateforme d'échanges de bitcoins MtGox. Il est accusé d'avoir falsifié des données dans le système informatique.

Il est apparu, rondouillard, samedi 1er août, sur des images de télévision et des photographies, vêtu d'un T-Shirt bleu avec en très grandes lettres capitales l'inscription "Effortless French" (Français sans effort) et portant une casquette de baseball en partie baissée sur le visage, alors que les autorités l'emmenaient.

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La police japonaise a arrêté le Français Mark Karpelès, patron de la plateforme d'échanges de bitcoins MtGox, dont l'effondrement spectaculaire l'an dernier après une série d'allégations de fraude avait entaché la réputation de cette monnaie virtuelle.

Il est accusé d'avoir falsifié des données dans le système informatique de la plateforme en 2013 pour créer artificiellement un million de dollars (910.500 euros), selon un porte-parole de la police.

Les médias japonais avaient de leur côté rapporté plus tôt samedi que les policiers enquêtaient par ailleurs sur la possible implication de Mark Karpelès dans la disparition de bitcoins en 2014, pour l'équivalent d'environ 355 millions d'euros.

Mark Karpelès a démenti ces accusations, selon les médias japonais.

Un QI de 190

Le Français est loin d'être un parfait inconnu. Jeune "geek" de 30 ans, comme le surnomme "La Tribune" dans un portrait publié en février 2014, né dans la banlieue de Dijon, il s'est installé au Japon en 2009.

Le site évoque un "as du codage". Il a fait ses armes chez le concepteur de jeux vidéos Lynux Cyberjoueurs, le distributeur de produits informatiques Fotovista (désormais Pixmania) et chez le spécialiste du téléchargement de jeux vidéos Nexway. Selon son ancien patron de Nexway, interrogé, il affichait 190 de QI.

Quand il s'installe au Japon –dont il aurait appris la langue en 30 jours-, il crée sa propre société, Tibanne, spécialisé dans l'hébergement web et le développement d'applications. Sur son blog Magical Tux, (désactivé aujourd'hui) il donne des conseils de hacking, écrit "La Tribune". En 2011, passionné par le phénomène bitcoin, il rachète MtGox.

Quelques mois plus tard à peine, le site subit une première cyber-attaque : une importante quantité de Bitcoin disparait et les données de milliers d'utilisateurs sont publiées. Mark Karpelès ferme boutique en juin 2011 avant de rouvrir. Malgré quelques pépins, le site prend une dimension titanesque : des millions de dollars y transitent chaque jour. Le géant affirme contrôler 80 % des échanges mondiaux de bitcoin.

850 000 bitcoins perdus

Mais de nouveaux problèmes refont surface en 2014. La société stoppe ses transactions en février, se disant victime d'attaques informatiques.La plateforme avait peu après déposé le bilan, admettant avoir perdu 850.000 bitcoins pour une valeur de 48 milliards de yens (quelque 355 millions d'euros au cours actuel). Mark Karpelès avait ultérieurement dit avoir retrouvé quelque 200.000 de ces bitcoins dans un lieu de stockage informatique qui n'était pas connecté aux autres ordinateurs.

Selon la chaîne de télévision publique NHK, qui cite la police, les enquêteurs soupçonnent Mark Karpelès de connaître les circonstances de la disparition des bitcoins, qui auraient été transférés sur un compte contrôlé par lui, sans en informer les déposants.

Le quotidien à grand tirage Yomiuri Shimbun a pour sa part précisé que la police soupçonnait Mark Karpelès d'avoir à plusieurs reprises transféré les bitcoins de ses clients vers son propre compte à des fins de spéculation.

Mark Karpelès avait selon les médias refusé de se rendre aux Etats-Unis en 2014 alors qu'il demeurait au Japon pour répondre à des questions sur l'effondrement de sa plateforme.

Source : L'Obs