[Info] Pixmania au bord du gouffre

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Après plusieurs années de pertes et de plans sociaux, le site de vente en ligne de produits électroniques Pixmania va demander son placement en procédure de sauvegarde, dans l'optique de se transformer en place de marché, ultime chance pour lui d'assurer sa pérennité.

Plusieurs comités d'entreprise devaient se tenir ce lundi, avant le lancement de la procédure de sauvegarde au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), a indiqué une source proche du dossier. Un administrateur judiciaire devrait être nommé d'ici la fin de la semaine pour une période de six mois, a-t-elle ajouté.

«Seul modèle pour entrevoir une possible pérennité»

Désormais, Pixmania a pour projet d'abandonner son activité de e-commerçant traditionnel pour se concentrer sur un rôle de place de marché, consistant à offrir une plateforme technique permettant de mettre en relation des vendeurs tiers avec les consommateurs, «seul modèle pour entrevoir une possible pérennité de l'entreprise». Pixmania, qui emploie 430 personnes actuellement, dont 320 en France, n'a pas démenti ces informations, mais s'est refusé à faire davantage de commentaires avant d'en avoir informé l'ensemble de ses salariés.

La sauvegarde est une procédure préventive qui intervient avant la cessation de paiements d'une entreprise en difficulté. Elle permet à celle-ci de se placer sous la protection du tribunal, afin de se donner le temps de se réorganiser ou de trouver d'éventuels repreneurs. Concurrencé sur ses marchés par des acteurs généralistes (Amazon, CDiscount) ou spécialisés (Fnac, Darty) et confronté à la chute de ses approvisionnements, Pixmania a vu son chiffre d'affaires fondre en quelques années, passant de 806 millions d'euros en 2010 à 295 millions en 2014. Ses pertes, qui se chiffraient à 25 millions d'euros en 2012, ont depuis été réduites sous l'égide de son actionnaire allemand Mutares, mais le groupe reste toujours aujourd'hui «déficitaire», selon la source proche.

Réduire les frais de structure

Mutares, spécialisé dans le redressement de sociétés, avait racheté Pixmania en 2014 à l'anglais Dixons, géant européen de la distribution de produits d'électrodomestique, qui l'avait lui-même acquis en 2006 pour 266 millions d'euros à ses fondateurs, les frères Rosenblum. Ceux-ci se sont totalement retirés de la société en 2012. Créé en 2000, Pixmania avait été un des pionniers de la vente en ligne en France. Au départ spécialisé dans le tirage photo, sous le nom de Fotovista, il s'était ensuite diversifié dans la distribution de biens électroniques, puis d'autres catégories de produits (DVD, jeux vidéo, électroménager, articles de sport, meubles, etc.). Il avait également ouvert une dizaine de points de vente physiques en France, avant de les fermer en 2012-2013. A la même époque, il s'était retiré de 12 des 26 pays européens où il était présent, et avait recentré son offre de produits sur ses gammes historiques, le high tech et l'électroménager.

La transformation du site de vente en ligne en simple place de marché devrait permettre de réduire les frais de structure, notamment en termes de stockage et de livraison, deux services que Pixmania n'assurera plus, ce qui pourrait laisser présager de futures suppressions de postes. Pixmania, qui employait 1000 salariés à la fin des années 2000, a déjà connu plusieurs plans sociaux, qui ont conduit à la suppression de plus de la moitié de ses emplois. Le dernier date de juin 2014 et portait sur la suppression de 187 postes au siège du groupe, à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), ainsi que sur son entrepôt logistique de Brétigny-sur-Orge (Essonne).

Source: Le Parisien